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Dans plusieurs villes africaines, la production croissante d’ordures pose problème.  La gestion des déchets passe généralement par la  collecte et par le traitement. Ces deux opérations sont d’autant plus importantes que si elles ne sont pas bien réalisées, il y a risque que des zones entières puissent crouler sous les ordures.

Depuis  l’indépendance du Congo en 1960, la plupart des villes du pays et plus particulièrement, Kinshasa passait pour l’une des plus belles villes d’Afrique. Cela lui a même valu le surnom de  « Kin la Belle ».

A l’heure actuelle, la gestion des déchets ménagers et la gestion de l’environnement urbain sont des questions complexes pour les gestionnaires urbains en RDC. Elles le sont à telle enseigne que l’Union Européenne, au vue de la situation dégradante, s’est proposée d’injecter chaque mois un million d’euros dans l’assainissement de la ville de Kinshasa afin de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des habitants, en éradiquant les maladies d’origine hydrique.

Malgré cette initiative de l’Union Européenne, la ville de Kinshasa demeure encore l’une des villes les plus sales en Afrique et avec elle, les autres villes de la RDC emboitent peu à peu ce chemin peu valorisant. 

Cette situation qui semble sans issue à ce jour nous interpelle : Quelles sont les options qui se présentent pour optimiser la gestion des déchets en RDC ? 

Qui s’occupe de la gestion des déchets ? 

De prime abord, il sied de préciser qu’à Kinshasa, la gestion des déchets municipaux s’appuie sur les prestations de la Régie d’Assainissement et des Travaux Publics de Kinshasa (RATPK) qui est un service technique du Ministère de l’Environnement. Ce service  a hérité des outils utilisés par le Projet d’Appui à la Réhabilitation et l’Assainissement urbain de la ville de Kinshasa (PARAU), projet financé par l’Union Européenne. Cependant, le déficit en moyens et infrastructures adaptés et l’absence de politique adéquate en matière de gestion des déchets a entraîné à Kinshasa le développement de plusieurs décharges non contrôlées appelées « dépôts sauvages ». 

Dans les autres villes de la RDC, c’est la même situation qui se profile. La gestion des déchets est généralement confiée à la mairie à travers sa branche environnement. Cette dernière se charge uniquement de la collecte et du  transport.  Les étapes de tri, de prétraitement, de valorisation, puis d’élimination ne sont pas pleinement respectées. Les déchets sont évacués des villes pour ensuite être déposés dans la nature. 

Cette attitude qui est loin d’être éco-responsable cause de graves conséquences sur l’environnement.  Un financement conséquent pourrait peut-être permettre aux prestataires de l’environnement de se doter d’outils et de personnel nécessaire afin de mener à bien leur mission.

Le changement de mentalité, gage pour une meilleure gestion des déchets ? 

L’implication de la population dans la gestion des déchets est un must, la population étant le principal producteur de déchets. En soit, la production de déchets est tout à fait normale dans une économie de grande consommation. Le problème se pose au moment de la gestion de ces derniers.   La plupart du temps, la population ne prête pas attention à la gestion des déchets : les immondices sont souvent déposées dans les coins de rue, des bouteilles en plastiques sont jetés sur la voie publique, les eaux usées ne sont pas correctement canalisées etc. 

Pour que les risques associés à la présence de déchets diminuent, la population doit impérativement changer ses habitudes. Si elle ne fait pas l’effort d’amener ses déchets aux recycleurs ou de les brûler, les risques sanitaires qui pèseront sur elle seront bien plus élevés. 

Les entrepreneurs sont-ils la solution ?

Même si la population change de mentalité en adoptant des attitudes éco-responsables, il se posera toujours le problème de structure fiable pour le traitement de déchets. Dans les lignes précédentes, nous avons vu que les structures mises en place par le gouvernement se sont avérées peu efficaces jusqu’à ce jour.

Faut-il faire confiance aux entrepreneurs locaux en leur confiant la  gestion partielle ou exclusive des déchets sur l’étendue du territoire national ? C’est la grande question qui marque notre quotidien . Plusieurs forums sont organisés en RDC à cet égard en vue de faciliter l’inclusion des start-ups. Un climat d’affaire favorable basé sur des financements et sur des allègements fiscaux devra donc être instauré afin de permettre aux jeunes de se lancer dans la gestion de déchets.  

Les déchets peuvent avoir un impact néfaste sur la santé humaine et sur l’environnement, s’ils ne sont pas correctement traités. Depuis des lustres, les hommes ont confié leurs déchets à la nature : ce qui ne pouvait être utilisé pour nourrir les animaux était enfoui, brûlé ou servait à faire de l’engrais.

Depuis quelques années, l’hygiène et la salubrité publique sont devenues une vraie préoccupation pour l’humanité. Durant la seconde révolution industrielle, la fabrication de produits de synthèse se développe, de nouvelles sources d’énergie  sont utilisées, les moyens de transport se diversifient, la population augmente et se concentre, les modes de vie et de consommation changent, entraînant ainsi une production plus importante de déchets moins facilement biodégradables.

Bien que l’aube d’un espoir  est envisageable par l’inclusion des entrepreneurs, il est important que chacun de nous prenne conscience du rôle qu’il a joué en tant que producteur de déchets. Nous devons tous adopter un comportement éco-responsable. Bien traiter les déchets, c’est sauver notre planète !

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