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La révolution numérique a atteint le continent africain assez tardivement. Elle s’y déploie néanmoins au rythme dicté par chaque pays, selon le budget qui y est investi. Quand on parle de différents classements sur le degré de développement numérique ou sur le développement des technologies de l’information et de la communication en Afrique, la RDC est  l’un des pays qui arrive généralement en queue de peloton. 

Néanmoins, une chose nous semble assez évidente : l’essor économique et social de la RDC passera certainement par sa transformation numérique . Cette évidence se manifeste par une prise de conscience collective de la part non seulement du gouvernement, mais aussi des acteurs œuvrant dans le secteur du numérique. C’est ce qui explique la prolifération  des initiatives nationales qui visent à aider la RDC à saisir les opportunités offertes par la révolution numérique.

C’est dans cet essor que le  Président de la République, Son Excellence Monsieur Félix Tshisekedi à décidé de mettre sur pied un Plan National du Numérique (PNN) visant à développer le secteur national du numérique en RDC  d’ici 2025.

Pourquoi un Plan National du Numérique ?

L’année 2019 a inauguré une volonté manifeste des gouvernants congolais, de voir la RDC tirer enfin avantages de toutes les opportunités du numérique et de relever les défis qui les accompagnent. Dans ce contexte, les dirigeants entendent faire de l’économie numérique un vecteur d’attractivité du pays, en termes d’investissements, de compétitivité des entreprises et de nouveaux emplois. La volonté politique est de faire du numérique un facteur d’efficacité des administrations publiques et du secteur privé, d’assurer l’interopérabilité des services sectoriels, d’améliorer l’accès de la population aux services de base et son bien-être. En revanche, le pays doit relever des défis connexes à la transformation numérique : déficit énergétique, législation, effets environnementaux et sanitaires des technologies numériques etc.

Le développement  numérique va certainement permettre au pays d’enregistrer des avancées significatives  dans l’informatisation de l’administration publique, la dématérialisation des procédures, la constitution et la gestion du fichier général de la population (état civil, casier judiciaire, passeports biométriques, carnets de santé, cartes d’étudiant, numéros de sécurité sociale, numéros d’impôt, …).

Le processus de numérisation pourra aussi bénéficier au cadastre foncier, à la sécurisation des documents officiels, à la perception d’impôts et de taxes, à la monnaie, au système de paiement, au transfert d’argent, aux assurances, à la santé, à l’éducation, à la culture, à la mémoire continue (archivage), à la protection et sécurité sociale, à l’immigration, à la lutte contre la criminalité transfrontalière, à la diplomation sécurisée des élèves et étudiants ….

Bref, l’élaboration du PNN permettra donc de hisser la RDC au niveau des États modernes et prospères. 

Les principaux axes du Plan National du Numérique

Voici les 4 piliers autour desquels se regroupent les axes stratégiques du PNN:

  • Infrastructures ( infrastructures large bande, centres de données sécurisés, incitatifs d’accès à la révolution connectée ) : mettre fin à l’hétérogénéité des infrastructures communes et des services d’infrastructures (accès internet, messagerie électronique, téléphonie, outils collaboratifs, etc.) mis à disposition des administrations. 

    Centraliser la recherche de solutions numériques en utilisant. logiciels ayant été précédemment agréés de façon concertée.
  • Usages applicatifs (culture du numérique, e-administration, sécurisation des usages ) : Mettre en place une  gestion structurelle opérationnelle des parcs d’équipements informatiques et les pourvoir d’énergie électrique stable. Cela s’accompagnera d’équipements informatiques adéquats, sur lesquels seront installées des applications spécifiques aux besoins de chaque zone.
  • Contenus (industrie locale du numérique, capital humain et leadership, mégadonnées (big data, open data) : doter le pays de bases de données informatiques afin de  stocker, organiser et analyser les données. Il faudrait également former du personnel qui se chargera de la gestion permanente de ces bases de données.
  • Gouvernance – Régulation (cadre légal, interrégulation, cybersécurité.) : Autre fois, l’Ordonnance législative n°254/TELEC du 23 août 1940 régissait les télécommunications. Le cadre légal et règlementaire en la matière a évolué depuis lors. Il était donc opportun de doter la RDC  d’un cadre juridique propice au développement numérique en l’occurrence le Code National du Numérique.

Quelles sont les opportunités pour  les entrepreneurs ? 

Le retard du développement numérique de la R.D. Congo pourrait justement être une opportunité. Si beaucoup reste à faire dans la région en matière de numérique, cela signifie aussi que beaucoup reste encore possible.  Ce retard peut également permettre d’éviter beaucoup d’erreurs qui ont été commises sous d’autres cieux en matière de développement numérique.

Le développement numérique du pays fera aussi appel à d’autres secteurs d’activité, il ne peut s’auto suffir à lui tout seul. Le secteur minier par exemple ne sera pas en reste face à ce phénomène parce que bon nombre de matières premières nécessaires à la production et au fonctionnement des différents matériels numériques proviennent des mines de la RDC. Un des cas les plus connus est celui du cobalt, un métal clé pour la fabrication des batteries au lithium que l’on retrouve notamment dans les ordinateurs portables et les smartphones. À l’heure actuelle, la République démocratique du Congo fournit à elle seule 60% de son approvisionnement mondial et figure parmi les plus grands pourvoyeurs en intrants indispensables à l’industrie mondiale du numérique.

La production de téléphones mobiles, ordinateurs et autres matériels informatiques nécessite le recours à de nombreux métaux dont certains se trouvent en quantité très limitée et dont l’extraction a malheureusement des conséquences environnementales particulièrement alarmantes: déforestation, pollution de l’eau, déchets miniers, émissions de gaz à effet de serre… Bien que ces conséquences soient malheureuses, elles peuvent néanmoins constituer une opportunité pour les entrepreneurs œuvrant dans la santé mais aussi dans le secteur écologique.

D’ici 2025, le numérique devrait consommer à lui seul 20% de l’électricité mondiale affirment plusieurs chercheurs du secteur. Les fournisseurs privés de solutions électriques y trouveront facilement leur compte. Mines, développement web, exploitation manière, cyber sécurité, santé … La palette des domaines qui prendront leur envol avec le développement numérique est bien garnie. En revanche, il faudrait à tout prix favoriser l‘inclusion des entrepreneurs dans cette lancée de développement du PNN afin de mettre toutes les chances de notre côté dans la matérialisation de la vision des dirigeants du pays dans le secteur numérique. 

Télécharger Le Plan National Du Numérique

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