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Opportunité – Production agricole au Sud Kivu

Par HAMULI IRAGI Armand 

Jadis, la province du Sud-Kivu était considérée comme la pépinière de tout l’Est de la République Démocratique du Congo au vu de ses nombreuses terres arables et des productions agricoles. Aujourd’hui c’est tout le contraire, la province importe presque tout des pays voisins (haricots, tomates, farine voire même les beignets).

Un aveu d’échec… politique

D’une part, il y a le gouvernement qui n’a pas su encadrer et promouvoir les agriculteurs parce que, certaines productions d’Idjwi, Kalehe, Minova… sont envoyées dans les pays voisins pour être ré-importées et revendu au prix fort.

D’autres part, le problème d’insécurité a dépeuplé les territoires et villages; la population rurale fût contrainte d’abandonner ainsi toutes activités champêtres pour se réfugier en ville. Ceci a comme conséquences; l’augmentation du nombre d’enfants dans la rue, l’insuffisance alimentaire et la carence des produits sur le marché.

Cette situation ne laisse pas vide d’imaginations ceux qui aiment se moquer de la RD Congo. Certains disent : « Le congolais meurt de faim mais il est enterré dans un sol plein de richesses ». À l’origine de tout ceci, figure entre autres, le mauvais choix des options prioritaires touchant la vie de la nation congolaise. La considération dont jouit le secteur agricole de la part des dirigeants politiques en est une illustration. 

Interrogé à ce sujet, un opérateur économique nous fait savoir que certains produits provenant de pays voisins coûtent moins cher et viennent concurrencer la production locale. Ce qui soulève des questions et encore plus d’observations.

La situation actuelle en quelques mots

Pendant cette période de confinement, nous observons une carence significative des produits alimentaires et une hausse des prix du marché. La hausse des prix s’explique par le fait que la population n’ait pas accès aux vivres et le peu fourni par les opérateurs économiques se trouve déjà à terme; bref la demande surpasse insolemment l’offre. 

De nombreuses recherches ont montré que la RDC dispose d’un potentiel énorme et inexploité en ce qui concerne ses terres; très  bonnes à cultiver, et pour l’élevage, vous n’êtes pas sans ignorer que le bétail aussi doit se nourrir avant de pouvoir servir de festin à la population. Elles offrent également des opportunités aux entrepreneurs; ces derniers peuvent en faire un business rentable tout en répondant aux besoins de la population qui pourra consommer des produits purement locaux et naturels. 

L’agriculture :

Le milieu rural regorge d’étendus de terres fertiles et peu exploitées, les produits agricoles trop minimes ne suffisent pas à la population. Certains cultivateurs choisissent d’amener leurs récoltes en ville. Le revenu de leurs récoltes sont très faibles  à cause notamment du coût du transport et leurs besoins privés.

  1. Nombreux défis

Les problèmes qui entravent la bonne marche du secteur agricole au Sud Kivu :

  • Personnel de vulgarisation agricole insuffisant, sous équipé et d’âge avancé ; 
  • Pratiques culturales inappropriées ;
  • Manque de main d’œuvre agricole dans la partie dite le Kivu ;
  • La pauvreté accrue de la population rurale
  • Manque d’intrants notamment les matériels aratoires (houes, machettes, Haches,…), les semences performantes en quantité nécessaire , les produits phytosanitaires, les engrais ; 
  • Les perturbations climatiques suite au déboisement ;
  • L’érosion ;
  • Les calamités (mosaïque africaine du manioc, le cosmopolites sordides pour le bananier) ;
  • Le non entretien des infrastructures d’irrigation ;
  • L’incapacité pour les paysans de faire atteindre leurs productions aux   centres de consommation ;
  • L’état des routes dans la partie rurale.

A ceci s’ajoute l’insécurité récurrente en milieu rural avec pour conséquences une complication de la logistique de transport des marchandises et l’accès à celles-ci.

La province du Sud Kivu, en dépit de ses énormes potentialités agro-écologiques et des efforts de travail consentis en moyenne n’arrive pas à nourrir sa population qui est de 5572000 habitants.

Cette situation a poussé la province du Sud Kivu à avoir recours aux fournisseurs frontaliers pour nourrir la population locale. 

  1. Les pistes de solutions

Pour remédier à cette carence, il faut des entrepreneurs déterminées et motivées à créer des  entreprises agricoles qui prennent en compte les besoins réels de la population. 

Quelques propositions pour les entrepreneurs agricoles

Pour les entrepreneurs agricoles, il est intéressant de coopérer avec les populations rurales pour qu’elles vous vendent leur production à un prix raisonnable et ensuite créer des dépôts agricoles.

La plateforme Agrokivu est un exemple qui illustre parfaitement cet entrepreneuriat ainsi que certaines des opportunités envisageables qu’offrent le secteur.

Des opportunités dans le Covid Business

Dans les jours avenirs la culture des plantes médicinales aura une  place considérable car la plus grande partie présente sur le marché est importée,  onéreuse et ne profite pas à la population locale. Et bien qu’il soit possible d’en cultiver localement, les efforts dans ce sens ne sont pas encore fournis. Ce qui, dans ce cas, représente une source de revenue non négligeable pour l’entrepreneur déterminé.

Rappelons que la Pandémie du covid-19 a suffisamment montrée combien les plantes médicinales sont importantes et encore sous utilisées par la population malgré la transmission des connaissances ancestrales. 

L’acquisition des terres agricoles

Il est évident qu’aucun projet agricole ne peut voir le jour sans des terres exploitables dans ce sens. Pour se faire, la RDC offre deux types de formules variées pour les différents entrepreneurs agricole.

– Location : Il est possible de faire une location de terre pour une durée de 2 à 3 ans. Pour ce cas de figure, il est déjà possible d’acquérir des terres dans la région du Sud Kivu pour un montant mensuel compris entre 80$ et 120$.

– Achat : Pour l’achat, il faut envisager des prix allant de 1200$ à 2500$.

Il est bon de signalé qu’avant tout acquisition de terre, il est conseillé de se renseigner sur la fertilité de celles ci.

Généralement, pour les activités agricoles, on utilise un personnel journalier ou temporaire en tenant compte de la variation des saisons. Le montant total mensuel que reçoit le personnel journalier est de 60$. 

Après une descente sur terrain, Les  cultivateurs de Katana (cegera et bweramata) dans la province du Sud-Kivu, territoire de Kabare à l’est de la RDC nous racontent que les champs produisent beaucoup mais manquent   de soutiens de la part du gouvernement et des entrepreneurs pour produire une quantité suffisante pouvant aider la population de consommer localement exemple:

Un exemple de faisabilité dans l’agriculture : Haricot

  • Récoltable dans 3 mois 
  • 50 kg de semence qui coûte 54$
  • Main d’œuvre mensuelle de 60$
  • Location champs 80 $ à 120$  suivant l’étendue des champs

Généralement pour une quantité de 50 kg de semence cultivé, la récolte après 3 mois vous donnera entre 150 Kg et 200 Kg d’haricots. Le prix de vente sur marché concernant le haricot tourne à 3$ le Kg.

Il est important pour tout entrepreneur souhaitant se lancer dans l’agrobusiness dans la région du Sud Kivu de bien analyser le marché.

Références :    

  • RDC, Division provinciale de l’Agriculture du Sud Kivu, Rapport quinquennal 2010 – 2015
  • RDC, Division provinciale du commerce extérieur du Sud Kivu, Rapport 2017
  • RDC, Division provinciale de l’Intérieur, décentralisation et sécurité, Rapport 2018
  • RDC, Service National des Routes de Dessertes Agricole, Rapport 1997-2017
  • CAMILLERI.J-L, (2007), La micro entreprise rurale en Afrique : de la survie à la croissance de cas Rwandais, l’Harmattan.

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